
Olga Iermolaïeva a cinquante et un ans. Elle est cheffe de wagon, provodnitsa-instruktor, à la Compagnie russe des chemins de fer (RZD) depuis 2002, sur le train Rossiya numéros 1 et 2, qui relie Moscou à Vladivostok en six jours et vingt-deux heures. Plus de deux cents traversées complètes dans chaque sens. Sa famille travaille pour les chemins de fer russes depuis trois générations : son grand-père conducteur de locomotive sur la ligne du Baïkal, sa mère agente de gare à Krasnoïarsk, et désormais ses deux enfants adultes installés dans cette même ville sibérienne. Mariée. Russe maternel, anglais touristique, quelques mots de français appris au contact des voyageurs francophones depuis vingt ans. Entretien réalisé à Moscou-Iaroslavski via interprète francophone, en mai 2026, à la veille d’un nouveau départ vers Vladivostok.

Fiche express d’Olga Iermolaïeva
| Repère | Détail |
|---|---|
| Poste | Cheffe de wagon (provodnitsa-instruktor), grade superviseur SV |
| Ancienneté RZD | Depuis 2002, plus de 200 traversées complètes |
| Ligne | Train Rossiya n° 1/2, Moscou-Vladivostok (6 jours 22 h) |
| Origine | Krasnoïarsk, famille de cheminots sur trois générations |
| Langues | Russe (maternel), anglais touristique, français de service |
1. Comment êtes-vous devenue provodnitsa, et quelle a été votre formation initiale ?
Je suis entrée à la RZD en 2002, à l’âge de 27 ans. Avant cela, je travaillais comme aide-comptable dans une coopérative agricole de la région de Krasnoïarsk, et ma vie était entièrement organisée autour de la maison de mes parents. Mon mari avait un poste de mécanicien chemin de fer à la dépôt de Krasnoïarsk-Vostotchny. Quand on a eu notre premier enfant, j’ai voulu trouver un travail qui me sorte de la coopérative, et qui permette des revenus stables avec une protection sociale solide. La RZD était la solution évidente dans une famille de cheminots.
La formation initiale dure quatre mois. Elle est dispensée par une école technique de la RZD, dans mon cas à Novossibirsk. Trois mois de théorie : règlement intérieur RZD, premiers secours, sécurité incendie, utilisation des équipements du wagon, comptabilité de bord, gestion des passagers, droit ferroviaire de base. Un mois de stage embarqué, en doublure avec une provodnitsa confirmée, sur la ligne Krasnoïarsk-Moscou aller-retour, deux rotations complètes. À la fin, examen pratique et théorique, puis affectation.
Après cinq ans d’expérience, j’ai passé l’examen de provodnitsa-instruktor, qui correspond à un grade de cheffe de wagon avec en plus la responsabilité de former les juniors et de superviser une équipe de deux à trois personnes sur les wagons jumelés. J’ai aussi obtenu le grade de superviseur de classe SV, qui me permet de prendre en charge les wagons de première classe sur les trains touristiques.
Mes parents étaient fiers. Ma mère m’a dit qu’elle ne m’imaginait pas autre part que dans un train.
2. Quelle est la différence concrète entre platzkart, kupé et spalny vagon en 2026 ?
C’est la question la plus fréquente, et il faut y répondre avec précision parce que les voyageurs étrangers se trompent souvent en comparant aux compartiments européens.
Le platzkart est un wagon ouvert de 54 places, organisé en travées de 6 couchettes : 4 couchettes par travée transversale (deux du bas, deux du haut) et 2 couchettes par travée longitudinale le long du couloir. Pas de cloisons, pas de portes. La lumière est tamisée la nuit, mais pas éteinte. Vous voyagez avec 53 autres personnes dans le même espace. C’est l’expérience russe authentique. Tarif Moscou-Vladivostok en 2026 : entre 6 500 et 9 800 roubles, soit 70 à 105 euros. C’est le choix des étudiants russes, des travailleurs migrants, des familles avec enfants. C’est aussi le wagon où l’on rencontre le plus de monde.
Le kupé est un wagon de 36 places, organisé en 9 compartiments fermés de 4 couchettes chacun. Une porte coulissante, une petite table, des étagères, deux couchettes basses qui font canapé le jour, deux couchettes hautes qui restent en position couchage. Confort moyen, intimité réelle. Tarif Moscou-Vladivostok 2026 : entre 16 000 et 28 000 roubles, soit 170 à 300 euros, selon la classe de train et la saison. C’est le compromis raisonnable pour la grande majorité des voyageurs étrangers.
Le spalny vagon ou SV, abréviation de spalny vagon, est un wagon de 18 places, organisé en 9 compartiments fermés de 2 couchettes chacun. Toutes les couchettes sont en position basse, plus larges, avec literie premium incluse. Souvent un petit lavabo dans la cabine, et accès prioritaire aux toilettes en bout de wagon. Tarif Moscou-Vladivostok 2026 : entre 35 000 et 55 000 roubles, soit 375 à 590 euros. Pour les couples et les voyageurs qui privilégient le confort, c’est l’option premium.
Le wagon Lux, ou firmenny, plus récent, propose en plus une douche partagée et un service repas léger inclus. Tarif majoré d’environ 30 % par rapport au SV classique. Cette catégorie se développe sur le Rossiya 1/2 depuis 2024.
Pour comprendre plus finement les variations entre trains hebdomadaires, trains firmenny et trains touristiques, nous renvoyons au comparatif détaillé des classes de wagon publié par voyagerussie.com, et à notre pilier Transsibérien qui détaille les calendriers et les tarifs 2026.
Synthèse : les classes du Rossiya 1/2 en un coup d’œil (tarifs 2026 Moscou-Vladivostok)
| Classe | Places/wagon | Configuration | Tarif indicatif | Public dominant |
|---|---|---|---|---|
| Platzkart | 54 | Ouvert, travées de 6 couchettes | 70 à 105 € | Étudiants, familles russes, immersion |
| Kupé | 36 | 9 compartiments fermés de 4 couchettes | 170 à 300 € | Compromis intimité/prix, primo-voyageurs |
| SV (spalny vagon) | 18 | 9 compartiments fermés de 2 couchettes | 375 à 590 € | Couples, confort premium |
| Lux (firmenny) | 18 | SV + douche partagée + repas léger inclus | SV +30 % environ | Voyageurs cherchant le service complet |
3. À quoi ressemble vraiment une journée type pour vous à bord du Rossiya ?
Je me lève à 5 heures du matin, heure locale de la ville où nous nous trouvons. Vérification des passagers qui doivent descendre dans la matinée. Préparation du samovar, vérification du chauffage électrique, contrôle de la propreté des toilettes, première tournée de réveil pour ceux qui descendent à la prochaine grande gare.
Entre 6 heures et 9 heures, je distribue les linges propres aux nouveaux passagers montés pendant la nuit, je contrôle les billets et les pièces d’identité, je collecte les commandes de thé ou café. Le service du matin est le plus chargé : la moitié du wagon descend prendre l’air, fume sur le quai à chaque arrêt, achète des baies et des piroguis aux vendeurs locaux.
Entre 9 heures et midi, c’est plutôt calme. Je tiens à jour la comptabilité du wagon, je nettoie les sols, je m’occupe du linge des couchettes vides. Les passagers lisent, jouent aux échecs, regardent par la fenêtre, écrivent. Le bruit du train devient régulier, presque hypnotique.
À midi, distribution éventuelle des repas commandés au wagon-restaurant pour les passagers qui ne veulent pas se déplacer. Beaucoup préfèrent y aller eux-mêmes : c’est un événement, on s’habille mieux, on prend une bière, on discute avec les voyageurs des autres wagons.
L’après-midi, je fais ma tournée d’inspection complète, je prends le pouls des passagers, je règle les conflits éventuels (couchette qui grince, voisin trop bruyant, enfant agité), j’aide les personnes âgées à descendre aux arrêts longs.
Le soir, repas léger pour moi, vérification de la sécurité des portes du wagon entre 22 heures et 23 heures, et je dors par tranches de trois heures dans le compartiment de service. Le sommeil profond n’existe pas vraiment en voyage. C’est l’un des aspects les plus difficiles du métier.
4. Quels sont les secrets pratiques que les voyageurs ne connaissent pas ?
Plusieurs astuces que j’aime partager. La première : le samovar délivre de l’eau bouillante en quantité illimitée, mais aussi de l’eau chaude tempérée si vous tournez le robinet à mi-course. Pratique pour bébés, pour shampoing, pour rinçage.
La deuxième : les rangements sous la couchette basse, dans les wagons kupé et SV, sont sécurisés par une clé qui vous est remise au début du voyage. Vous pouvez y mettre votre passeport et votre argent et dormir tranquille, même en SV.
La troisième : le wagon-restaurant accepte les paiements par carte sur les trains firmenny depuis 2024, mais conservez du liquide en roubles pour les achats sur les quais qui sont 100 % en espèces, et pour les pourboires occasionnels au personnel des wagons-couchettes.
La quatrième : le chauffage et la climatisation de chaque wagon sont individuellement réglés par la provodnitsa. Si vous avez trop froid ou trop chaud, dites-le moi. Je ne peux pas faire de miracle mais je peux moduler.
La cinquième : il existe une petite douche dans le wagon-restaurant, ouverte au public en milieu de trajet long (généralement à partir de 4 jours de voyage). On y accède contre 200 à 400 roubles et une serviette personnelle. Très peu de gens le savent.
La sixième : le silence absolu n’existe pas dans un wagon, mais les wagons SV récents (2022 et après) ont une isolation phonique très supérieure aux anciens. Si vous êtes sensible au bruit, demandez une voiture SV de série moderne.
La septième : pour photographier la traversée du pont de l’Ob à Novossibirsk ou la côte du lac Baïkal à Slyudyanka, je peux vous prévenir 15 minutes avant si vous me le demandez à la montée. C’est un service informel mais que toutes les provodnitsi acceptent volontiers de rendre aux voyageurs étrangers. Pour les voyageurs qui hésitent encore entre le Sapsan court Moscou-Saint-Pétersbourg et le grand Transsib, notre comparatif Moscou Saint-Pétersbourg 2026 éclaire le choix selon profil et budget.
Les sept astuces d’Olga, en bref :
- Le robinet du samovar tempère l’eau à mi-course (bébés, toilette, rinçage).
- Les rangements sous couchette basse (kupé/SV) se ferment à clé dès la montée.
- Le wagon-restaurant accepte la carte sur les trains firmenny, mais gardez des roubles en liquide pour les quais.
- Le chauffage et la climatisation se règlent wagon par wagon : demandez à la provodnitsa.
- Une douche existe dans le wagon-restaurant sur les trajets longs (200 à 400 roubles, serviette perso).
- Les wagons SV modernes (2022+) offrent une bien meilleure isolation phonique.
- La provodnitsa peut prévenir 15 minutes avant un point de vue photo (pont de l’Ob, lac Baïkal).
À retenir : la plupart de ces services restent informels — ils dépendent de la bonne volonté de la provodnitsa. Une demande polie, formulée dès la montée à bord, augmente nettement vos chances d’en bénéficier.
5. Les voyageurs francophones vous semblent-ils plus difficiles que d’autres ?
(Sourire) Non, ils ne sont pas plus difficiles que d’autres. Ils sont peut-être plus surpris au début, parce que la culture du voyage long en train n’existe quasiment plus en Europe occidentale. Un Français qui monte en kupé à Moscou pour Vladivostok est dans le même état qu’un Russe qui prendrait pour la première fois un cargo transatlantique : il découvre une dimension du temps qu’il ne connaît pas.
Les Français posent beaucoup de questions, c’est leur trait dominant. Sur le fonctionnement du wagon, sur l’histoire du train, sur ma vie, sur la Russie, sur la guerre, sur la cuisine. J’ai appris à répondre brièvement et précisément. Ils sont aussi très attachés à l’horaire, ce qui peut créer des frustrations quand le train a 30 minutes de retard à Krasnoïarsk : ils me demandent une explication précise, alors qu’un voyageur russe accepte le retard comme un fait de nature.
Les Français sont en revanche très chaleureux dans la durée. À partir du troisième jour, ils sortent leurs photos de famille, ils racontent leur ville, ils invitent à boire un café, ils offrent du chocolat. Plusieurs voyageurs francophones m’écrivent encore depuis dix ans à chaque Noël. C’est une fidélité que j’apprécie.
Une difficulté pratique : beaucoup de Français mangent moins copieusement que les Russes et sont mal préparés à la cuisine de wagon-restaurant qui peut être lourde. Je leur recommande d’apporter leurs propres réserves de fruits secs, de pains et de fromages européens, parce que c’est ce qui manque parfois.
Pour les voyageurs qui veulent prolonger l’expérience russe par un travail d’association culturelle franco-russe en France, certains de mes anciens passagers sont devenus actifs dans des structures comme l’association franco-ouralienne qui maintient un lien vivant entre l’Oural et la France.
6. La situation géopolitique 2026 a-t-elle changé le profil des touristes étrangers ?
Beaucoup. Avant 2022, je voyais sur le Rossiya environ 40 à 60 voyageurs étrangers par traversée complète. Français, Allemands, Néerlandais, Australiens, Japonais, Coréens du Sud. Ils représentaient peut-être 15 % du wagon platzkart et 25 % des wagons kupé et SV. Aujourd’hui, en 2026, je dirais qu’il y a 5 à 15 voyageurs étrangers par traversée complète, soit trois à cinq fois moins.
Le profil a changé aussi. Avant, c’étaient majoritairement des retraités ou des trentenaires en année sabbatique. Maintenant, c’est plutôt un public plus militant culturellement, qui a fait un choix conscient de venir en Russie malgré le contexte, qui parle souvent russe, qui se prépare longuement. Beaucoup de chercheurs, de journalistes, d’étudiants en langues slaves, d’artistes. Moins de touristes au sens classique.
Les voyageurs européens passent maintenant par Istanbul, Erevan, Bakou ou Dubaï pour arriver en Russie, ce qui rend le voyage plus long et plus coûteux. La plupart prennent le Transsibérien Moscou-Vladivostok ou Moscou-Pékin via le Transmongolien, et la quasi-totalité repart par Mongolie ou par avion via Istanbul, parce que le retour direct vers l’Europe par Moscou ajoute encore plus de complications de billetterie.
Côté russe, le profil des passagers n’a presque pas changé. Toujours autant de familles qui rentrent à Krasnoïarsk ou Irkoutsk pour les vacances, toujours autant de travailleurs migrants des républiques d’Asie centrale, toujours autant de retraités qui rendent visite à leurs enfants installés en Sibérie. Le train continue à être le ciment d’un pays trop vaste pour l’avion. Pour replacer cette photographie 2026 dans le panorama d’ensemble du voyage en Russie, notre guide voyage Russie 2026 recense les autres destinations qui restent accessibles aux francophones et complète utilement ce témoignage ferroviaire.
7. Quel est votre meilleur souvenir en 22 ans à bord ?
(Long silence) Il y en a beaucoup. Je vais en raconter trois.
Le premier date de 2009. Une famille belge avec trois enfants, dont le plus jeune avait six ans, prenait le Transsibérien dans le sens Vladivostok-Moscou. Le petit, qui s’appelait Théo, était fou des trains. Pendant les six jours du voyage, il a passé toutes ses journées en bout de wagon, à regarder ce que je faisais. Je lui ai donné mon ancien sifflet RZD et un livre russe pour enfants. Ses parents m’ont écrit jusqu’en 2014. Théo est aujourd’hui apprenti dans une école technique ferroviaire à Tournai. J’ai gardé sa première carte postale.
Le deuxième est un mariage célébré dans le wagon-restaurant entre Iekaterinbourg et Tioumen, en 2017. Un couple sibérien dont je connaissais déjà la femme, parce que ses parents prenaient régulièrement mon wagon. Ils avaient organisé une fausse cérémonie civile avec témoins et photographe, juste pour le souvenir, parce que le vrai mariage civil avait eu lieu à Krasnoïarsk la veille. Le wagon-restaurant entier s’est joint, on a chanté pendant deux heures.
Le troisième est plus discret. Une vieille dame russe, en kupé seule, qui voyageait pour rendre visite à sa sœur jumelle qu’elle n’avait pas vue depuis 14 ans. Elle pleurait pendant le voyage, elle ne mangeait pas, elle me parlait des heures de leur enfance à Tomsk. Quand on est arrivés à Khabarovsk et que sa sœur l’attendait sur le quai, elles se sont enlacées et ont pleuré ensemble dix minutes. Je suis restée debout à côté d’elles. C’est ce que le Transsibérien fait. Il transporte des vies entières dans des compartiments de quatre couchettes.
8. Quels conseils donneriez-vous à un voyageur francophone qui prépare son premier Transsibérien en 2026 ?
Cinq conseils. D’abord, choisissez le train Rossiya 1/2 si vous voulez le Transsibérien classique, ou le 100/99 si vous préférez un train firmenny plus moderne avec wagon-douche. Évitez les trains hebdomadaires qui font des temps plus longs et changent de personnel à mi-parcours.
Deuxièmement, prévoyez au minimum cinq à six escales sur le trajet. Le voyage non-stop de 6 jours et 22 heures est éprouvant et vous fait passer à côté de l’essentiel. Iekaterinbourg, Krasnoïarsk, Irkoutsk avec une excursion d’au moins deux jours au lac Baïkal, Oulan-Oudé pour la culture bouriate, et idéalement Khabarovsk avant Vladivostok. Allongez à 18-24 jours en tout.
Troisièmement, apportez votre tasse en métal, un thermos pliable, des fruits secs, des barres de céréales, une lampe de lecture frontale, des bouchons d’oreille, une serviette en microfibre, et un livre épais. C’est l’équipement de base. Pour la lecture, je recommande les Russes classiques (Tchekhov, Tolstoï, Cendrars qui a écrit La Prose du Transsibérien en 1913) parce qu’ils prennent une autre épaisseur lus dans le train.
Quatrièmement, apprenez 30 à 50 mots de russe avant de partir. Spassiba (merci), pojaluïsta (s’il vous plaît, de rien), vagonchik (wagon), tchaï (thé), vykhozhou (je descends), pomochtch (aide), et la politesse minimale. Cela transforme votre voyage.
Cinquièmement, parlez aux gens. Le Transsibérien n’est pas un train, c’est un microcosme russe pendant une semaine. Acceptez les invitations à boire, à manger, à jouer aux échecs. C’est la moitié de l’expérience, et c’est ce dont vous vous souviendrez vingt ans plus tard. La fenêtre, c’est l’autre moitié, mais elle ne suffit pas. Pour vous préparer, lisez aussi nos retours de voyage sur la vie à bord d’un wagon-lit Transsib, qui complètent bien ce que je dis du quotidien à bord.
Check-list du premier Transsibérien, version Olga :
- Train : privilégier le Rossiya 1/2 (classique) ou le 100/99 (firmenny, wagon-douche) ; éviter les trains hebdomadaires à personnel changeant.
- Escales : 5 à 6 minimum — Iekaterinbourg, Krasnoïarsk, Irkoutsk/lac Baïkal (2 jours), Oulan-Oudé, Khabarovsk ; compter 18 à 24 jours au total.
- Équipement à emporter : tasse en métal, thermos pliable, fruits secs, barres de céréales, lampe frontale, bouchons d’oreille, serviette microfibre, un livre épais (Tchekhov, Tolstoï, ou La Prose du Transsibérien de Cendrars).
- Vocabulaire minimal : spassiba (merci), pojaluïsta (s’il vous plaît/de rien), vagonchik (wagon), tchaï (thé), vykhozhou (je descends), pomochtch (aide).
- Attitude : accepter les invitations à boire, manger et jouer aux échecs — le lien humain fait la moitié de l’expérience.
Conseil d’experte : n’enchaînez jamais les six jours et vingt-deux heures d’un seul tenant. Le voyage non-stop est éprouvant physiquement et vous prive de l’essentiel — les escales sibériennes.
Olga Iermolaïeva achève sa pause à Moscou-Iaroslavski. Dans quatre heures, le train Rossiya numéro 1 quittera la gare pour Vladivostok. Elle y sera, comme tous les six jours depuis 22 ans, à bout de wagon, à veiller sur 36 voyageurs dans neuf compartiments fermés, et à délivrer de l’eau bouillante au samovar.